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A vous tous qui êtes en France, dans la grisaille parisienne et le froid du début de l’automne, sachez que je vous envie. Oui, aussi incroyable que cela puisse paraître JE VOUS ENVIE ! On pourrait penser qu’une température avoisinant chaque jour les 24°C raviverait le plus râleur des français mais c’est sans compter sur les particularités du climat japonais.

Certes, il fait chaud. Mais il fait surtout TRES humide ! Et l’humidité est mon ennemie …

L’humidité est une chose vicieuse : elle n’est pas là au petit matin, lorsque tu sors de ta douche et te prépares pour ta journée de visite « Quel beau soleil ! Aller hop ! Short+T-shirt pour profiter du beau temps ! Une petite écharpe et un petit boléro pour la fraîcheur matinale ! » L’humidité arrive subrepticement aux alentours de 13h-14h, moment où tu termines ton déjeuner et où tu entames la deuxième partie de ta journée. Elle s’abat sur toi tel un marshmallow tout droit sorti du feu d’camp : on se retrouve englué dans une chaleur qui fait transpirer au moindre mouvement, notre estomac en pleine digestion nous envoie des ondes de chaleur de l’intérieur et le soleil semble taper deux fois plus fort dès que l’on sort d’une zone ombragée.

L’occidental lambda se retrouve rapidement à perdre 3L d’eau sous forme de transpiration en l’espace de 2h, dans certains cas il se met à sentir l’oignon eh merde, mon déo est resté à la Share House  Il lui arrive souvent de prendre une teinte rougeâtre au niveau du visage mais non voyons ! Je vous assure que je suis SOBRE. Sa démarche se fait vacillante et ces yeux vitreux. Il n’est plus animé que par une seule pensée : trouver de la fraîcheur !

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On peut ainsi repérer les personnes supportant mal le climat humide japonais aux abords des fontaines de purification à l’entrée des temples au lieu de se rincer les mains et la bouche comme tout bon japonais, ils en profitent pour prendre leur douche et boire jusqu’à plus soif, dans les salles climatisées des grands magasins ou des restaurants et parfois à plat ventre sur le parquet de leur maison mais bon, c’est moins frais que le carrelage, hein ?

Alors que tu tentes de poursuivre ton programme de visites en affrontant vaillamment cette chaleur étouffante, des nuages apparaissent ! En moins de cinq minutes une pluie diluvienne se met à tomber sur toi et ton petit short. Trempé jusqu’aux os tu ne peux que rester admiratif face à l’armée de parapluie qui se déploie soudain devant tes yeux d’après moi, les japonais ont des sacs sans fonds, dans les styles de ceux de Mary Poppins, pour pouvoir y planquer leurs parapluies XXL ! Quand à toi, pauvre petite française qui n’est pas Evelyne Dhéliat, tu te contentes de ramasser un parapluie qui traine dans un coin de ruelle pour pouvoir regagner ta Share House avec un semblant de dignité …

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Après cette longue diatribe à l’encontre du climat japonais, sachez que cette semaine a débuté par la normalisation de mon statut de résidente étrangère. Autrement dit : démarches administratives ! J’ai tout d’abord été m’inscrire à la Mairie de l’arrondissement d’Adachi qui, lors de ma première visite la semaine dernière ne m’avait pas semblée très loin, vu du bus redis ça à mes pieds qui ont marchés pendant ¾ d’heure …. J’ai débarqué dans une vraie fourmilière qui avait plus les allures d’une gare que d’une Mairie ! Après avoir remplis un papier vert caca-doigt ou d’oie, comme tu préfères et avoir patienté 1h, on m’a finalement inscrit sur les registres de l’arrondissement.

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J’ai enchainé avec l’ouverture de mon compte en banque (à la Shinsei Bank) ou je n’ai eu de cesse de m’auto-congratulée d’avoir eu la prévoyance d’apprendre les bases du japonais (l’anglais de ma conseillère étant un baragouinement étrange…).

La Mairie et la Banque ont fait de sacrés grimaces lorsque je leur ai dit qu’il était pour l’heure impossible de me joindre par téléphone (a débarqué sans téléphone en se disant « Boarf’ ! J’vais au pays du high-tech’ et du virtuel ! J’trouverai bien un téléphone là-bas ! ») ! Le numéro de la Share House à suffit mais j’ai bien vu que je devais commencer mes recherches au plus vite !

Ni une, ni deux, me voilà partie pour le quartier de l’électronique : Akihabara !

Généralement surnommé « le Quartier des Geeks », Akihabara regroupe à la fois un nombre incalculable de magasins d’objets électroniques (téléphones, télévision, appareils photos etc …), mais aussi de boutiques de mangas, de Sex-Shops, Maid-Cafés* ou encore de Game Center*. Le tout s’étalant parfois sur plus de six étages !

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Moi qui étais, à la base, partie chercher un téléphone, j’ai passé des heures et des heures à arpenter toutes les boutiques que je rencontrais ! Des étals de mangas sur des mètres et des mètres, des goodies, figurines et cosplays qui débordaient sur les trottoirs, des vibros et accessoires SM qui côtoient des peluches Pokémons, des soubrettes à chaque coin de rue qui refourgue des flyers pour leur café, les bruits assourdissants des bornes d’arcades et un monde … un monde fou sur les trottoirs et dans chacune des boutiques !

Pour les téléphones, j’en ai vu des tas et des tas ! Le problème était surtout de comprendre les forfaits qu’on tentait d’me vendre avec Quoi ?! Vous n’avez même pas de forfait à ¥300 (2€) ?! Mais voyons, en France il n’y a plus que ça ! Vous n’êtes pas dans l’air du temps vous et votre compagnie ! Pour l’heure je n’ai toujours pas de téléphone …

 

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Ayant eu un trop pleins de technologie, j’ai ensuite opté pour une visite plus « historique » : je me suis rendue à Asakusa, l’un des vieux quartiers de Tôkyô, pour visiter le temple Sensô-ji. A peine sortie de la gare, que me voilà alpaguée par un mec sapé en short lycra-moulant tout droit sorti d’un comics Marvel ou du Tour de France qui m’agresse avec son plan du quartier en me disant « This ! It’s good ! And this ! It’s soooooo incradible ! » et qui tente de me faire monter dans son jinrikisha (sorte de pousse-pousse). Je lui réponds que me pieds sont mes meilleurs amis et qu’il va s’en prendre un cul si il me lâche pas très vite Je traverse une looongue rue commerçante style « Japon 1800 » plus ou moins bien recrée, avant d’arriver enfin au temple BONDE de touristes.

Note : il est possible de mesurer la célébrité d’un lieu au Japon en fonction du nombre d’Occidentaux présents sur place. Sur une échelle de 1 à 10, le Sensô-ji obtient la note de 9/10.

 

Concernant la Share house et les colloc’, je n’ai de vrais échanges qu’avec Shun et Jaques (le français) ! Je suis parvenue à papoter une heure ou deux avec Moe (japonaise) qui loge dans la chambre juste à coté mais son job au Karaoke lui prend beaucoup de temps et elle n'est pas souvent disponible. La suèdoise est partie cette semaine sans dire au revoir MAL ELEVEE ! et sa chambre à été reprise par une australienne. Un nouveau français a débarqué en fin de semaine ; nous voilà autant que les japonais, 3 partout !

En ce qui concerne l'Italienne, elle est portée disparue depuis plus d'une semaine ... sans rire, personne ne l'a vu depuis 9 jours et ses chaussons n'ont pas bougés du hall !

 

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 Dans le cas où vous verriez débarquer des artefacts ménager chelous made-in-Japan, il se peut que ce soit de ma faute : Shun travaille pour la société LEC et m’a fait passer une sorte de test pour établir les besoins et opportunités du marché français (la créature non-identifiée à gauche est la mascotte de son entreprise oO).

« Et ça ? Vous en avez besoin ? »

« Des chaussettes pour chaises ? C’est marrant ! Ca plairait à mon Père et à ma Grand-Mère pour éviter d’abimer leur parquet ! »

« Et ce truc là ? »

« Qu’est-ce que c’est ? »

« Un balai qui nettoie l’intérieur des bouteilles ! »

« … WTF ?!? »

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Etant toute seule à la Share House en semaine (les autres travaillent) et pour développer un peu mon réseaux social sur Tôkyô, j’ai contacté via internet des français en résidence dans la capitale Nipponne pour organiser quelques petites sorties de groupe ! Malgré une pluie battante et zéro moyen de communication IL ME FAUT UN PORTABLE !, nous sommes parvenu à nous retrouver aux Jardins Impériaux pour une petite balade un peu humide à travers les propriétés de l’Empereur. Mais bon … comme les flaques et les rafales de vent ça va bien cinq minutes, nous avons finalement atterri à Shibuya dans un Izakaya (sorte de bar) autour de quelques verres et petits trucs chelous à grignoter ! J’ai ainsi pu faire la connaissance d’Adélaïde, Victor et Guillaume, de leurs parcours et leur vécu au Japon !

 

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 Un peu frustrée de ne pas avoir pu explorer comme je le souhaitais les Jardins Impériaux, j’y suis retournée en solitaire lors d’un jour de grand soleil et d’humidité pour pouvoir profiter d’un peu de la nature au beau milieu de cette grande capitale ! Vu que j’adore déambuler au petit bonheur-la chance dans les rues et quartiers alentours, j’ai pu voir pas mal de parcs et de magasins sympas cette semaine. Il faut savoir que, pour moi, les magasins japonais font office de musée : je peux passer des heures à déambuler dans les rayons en inspectant chaque produits tellement ils me semblent incroyables je n’vous raconte pas la mission lorsque je vais faire les courses °o°

Deux magasins sortent toutefois du lot : j’ai nommé la Papeterie Itoya ainsi qu’un magasin de musique dont-j’ai-oublié-le-nom-veuillez-acceptez-mes-plus-profondes-excuses, tous deux localisés à Ginza là où j’avais tourné pendant 1h30 sans trouver la soirée franco-jap’. Dans le premier, je suis restée estomaqué par le nombre de papiers proposés à la vente (que ce soit les couleurs, textures, grains ou poids, une énorme variété !) et dans le deuxième chaque étage était consacré à un type d’instruments de musique (guitare, violoncelles, piano, cuivre etc …) avec une multitude d’instruments en vitrine ! Ces magasins s’étalaient tous deux sur 8 étages !

 

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Toute une après-midi à arpenter chaque étage avec une minutie qui ferai passer Sherlock Holmes pour un guignol ! Les vendeurs de la Papeterie ont dû me prendre pour une psychopathe à toucher l’ensemble de leurs livrets d’échantillons de papier … Quand à ceux du magasin de musique, ils m’ont proposés à tous les étages de tester leurs instruments !

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Note : si vous regarder fixement un instrument pendant plus de 3minutes et 45 secondes, on vous prend pour un(e) virtuose en tournée au Japon qui inspecte les productions locales !

 

Attention ! Après l'écrit et la photographie, voilà que la vidéo s'invite pour illustrer mon voyage ! 

PVT Japon - images du 23/09 au 03-10 2015

 

La semaine prochaine ne manquez pas la Takoyaki Party !

 

*Maid-Café : sorte de mini-restaurant ou les serveuses incarnent des SERVANTES à vos petits soins. On vous donne le titre de « Maître » ou de « Dame ». Notez qu’il faut d’abord payer un droit d’entrée de 8€ et ENSUITE payer de nouveau pour vos consommations (qui s’accompagnent généralement de jeux ou mises en scène des serveuses/servantes)

*Game Center : établissement regroupant toutes sortes de jeux : arcades, grappins, danse etc …