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L’automne s’installe doucement au Japon. Les arbres commencent à se colorer et la température est tout simplement incroyable : entre 17°C et 23°C à Tôkyô. L’humidité a disparue depuis une semaine et c’est un vrai bonheur de pouvoir se balader en short/jupe au beau milieu du mois d’Octobre ! Oui, oui tout à fait, je commence cet article en vous parlant de la pluie et du beau temps ! Pourquoi ?

Pour vous préparer à l’arrivée d’un évènement important dans l’automne japonais : 紅葉 Kôyô qui signifie littéralement « rougeoiement des feuilles ». Cela correspond au moment où toutes les plantes revêtent leurs couleurs automnales et transforme le paysage japonais en un océan de teintes rouge-orange-marron. La douceur du climat japonais fait que cela arrive plus tard qu’en Europe. Selon votre localisation au Japon, vous pouvez admirez les Kôyô de fin Octobre à mi-Décembre ! Vous qui êtes derrière votre écran, ça vous fait probablement no-chaud ni-froid ! 

TOUTEFOIS !

Toutefois pour moi, c’est quelque chose qui me tiens à cœur depuis longtemps et que je souhaite voir depuis des années. Cela explique entre autre pourquoi je me suis embarquée en milieu de semaine dans un train en direction des montagnes et de la région la plus profonde du département de Tochigi.

Cette semaine chamboulement : après un mois dans la Capitale Nipponne, j’ai refait ma valise pour commencer gentiment mon Road Trip à travers le Japon ! Vu que je ne suis partie que Jeudi, j’ai eu le temps de profiter pendant encore quelques jours de cette ville immense aux multiples facettes !

 

277Avec l’approche d’Halloween, de nombreuses boutiques/bars ou Izakaya organisent des évènements en lien avec cette fête. A plus grande échelle, vous pouvez aussi assister à quelques défilés comme celui du BakeNeko de Kagurazaka : c’est une sorte de festival durant lequel un grand nombre de gens (600-800 personnes) viennent défiler dans la rue piétonne de Kagurazaka tous déguisés EN CHATS ! BakeNeko signifie « Chats Monstrueux », vous avez donc des cosplays (costumes) très variés : du simple serre-tête oreilles-de-chat à la tenue élaborée de Princesse Nya !

 

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Des maquilleurs sont localisés près de la gare pour vous refaire la façade si l’envie vous prends de devenir un CAT ! j’avais teeeeellement envie de me faire maquiller ! Arrivée trop tard … fallait venir avant 11h30 … En plus de costumes exceptionnels, c’était assez incroyable de voir défiler des lolitas avec jupettes-ras-la-moule, des mamies avec une queue de chat ou des bébés dans leurs poucettes affublés de moustaches !

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Avec l’imminence de mon départ, on s’est encore organisé une petite soirée autour d’un curry-riz à la japonaise avec les colocataires ! Techniquement, l’after devait se dérouler dans un Karaoke, mais c’était sans compter sur mes compatriotes masculins qui ont fait picoler mes collocs Japonaises jusqu’à ce qu’elles tombent malades sur leurs lits … pour le moment, tous les japonais(es) que j’ai rencontré s’effondrent au bout de deux verres … aucune résistance … Du coup, comme on était beaucoup moins, que le Karaoke s’avérait être super cher et que les filles dormaient à la Share House, on n’savaient pas trop ou aller et quoi faire.

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J’ai donc proposé un truc bien parisien : « Y’a un pont au-dessus de la voie ferrée, pas d’appart’ aux alentours, on dérangera personne, allons picoler là-bas ! ». Nous voilà donc, une bande de 6 Gaijins (étrangers : 4 français, une russe et un polonais) perchés au-dessus de la TobuLine à boire et jouer aux cartes sur un pont à 2h du mat’ … Gardez en tête que ce type de comportement est réservé aux étrangers ; vous ne verrez jamais de japonais trainer de la sorte dans la rue ou en pleine nature !

J’ai vraiment passé un mois très sympa dans cette Share House ! Ca me fait un peu mal au cœur de quitter mes collocs et toutes les autres personnes que j’ai rencontrées sur Tôkyô mais l’aventure et de la nouveauté m’appellent ! Après des au-revoir remplis d’amour à toute ma Share House, direction le Nord : vers la préfecture de Tochigi !

 

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Pour ce PVT Japon, mon projet principal est de visiter le pays et d’en voir différentes facettes. POUR L’COUP J’SUIS SERVIE ! Disons qu’en l’espace d’un seul et même jour, je suis passée de la modernité de Tôkyô à un bled paumé au plus profond des montagnes dans une ferme tenue par des Altermondialistes au quotidien spartiate … En choisissant un hébergement de type wwoofing (dans une ferme, blanchie, nourrie contre de l’aide dans les travaux), je savais que j’allais changer d’univers, mais je n’savais pas encore à quel point !

Après trois bonnes heures de train, trois changements à chaque changement, le train devient plus petit, de moins en moins d’écritures occidentales jusqu’à la disparition pure et simple de mots autres que japonais ! me voilà qui descend à la station Nakamiyori-Onsen.

 

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BIENVENUE A NULLE-PART !

 

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Il y a seulement le chemin de fer, une dizaine de maisons 50 mètres plus bas et le reste est une marée de collines et d’arbre aux couleurs flamboyantes ! Pas un pet’ de réseau, le téléphone public semble avoir rendu l'âme depuis au moins dix ans, IMPOSSIBLE DE CONTACTER MES HÔTES ! Etrangement, aucune panique ni stress : le village n’est pas bien grand, mon mois à Tôkyô a renforcé ma confiance en Moi-Même et je suis sous l’adrénaline du parfum de l’aventure !

Je me mets donc à déambuler dans le village avec ma valise de 20kg à la recherche d’une épicerie, un papi qui regarde passer les voitures, bref’ un signe de vie

RIEN ...

Tombe finalement sur un plan et décide de me diriger vers l’école en espérant croiser quelqu’un, quelque chose … au bout de 10 minutes de marche c’qu’elle est lourde cette valise … MIRACLE ! Un papi qui range sa voiture ! Je lui demande de l’aide avec mon japonais le plus polie et ma voix la plus mélodieuse : « connaissez-vous cette adresse ? ». Il ouvre alors de grands yeux et me répond que non ! Il sort toutefois un plan d’urbanisation du village et tente de trouver le numéro de maison. Au moment où je lui donne le nom de famille de mes hôtes il s’écrit « Aaaah ! Eux ! Ils habitent plus haut dans la montagne, c’est assez loin ! Je vais vous y conduire ! ». Au bout de 7 minutes de voiture, voilà qu’il me largue prêt d’un ensemble de petites bâtisses en bois au beau milieu d’une forêt sacrément dense ! Mes hôtes m’accueillent un peu étonnés que je ne les aie pas contactés mais m’aident à installer mes affaires dans la chambre que je vais partager avec leur fille de 16 ans.

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Commence alors la visite de la « maison » et l’énumération des différentes règles de vie. Lorsque je me suis inscrite sur le site de wwoofing, la mention « pour tous ceux qui veulent expérimenter un autre style de vie » m’avais bien plut ! Mais j’m’attendais pas du tout à une expérience aussi extrême …

Il y a deux bâtiments « à vivre » : l’un avec la cuisine et la chambre des parents et des deux plus jeunes enfants à l’étage, l’autre comporte les sanitaires, l’atelier d’ébénisterie ainsi que la chambre que j’occupe et deux pièces à vivre de style salon. Ca peut sembler très sympa mais la maison est encore en construction : le père installe lui-même toute les pièces de bois qui constituent les bâtiments. Hormis dans la cuisine, il fait relativement frisquet partout. « Boarf’ un pull et c’est bon » me direz-vous ! Oui mais disons que quand on ajoute à cela le fait que les toilettes soient à la turc et que le papier doit être jeté dans une poubelle prévue à cet effet dû à l’absence de broyeur dans la plomberie et que l’on ne peut se laver avec de l’eau chaude tous les trois jours, c’est relativement hard ! ajoutez à cela que je ne peux pas utiliser mes savons/shampoings car ils ne sont pas équipés d’une plomberie adéquate aux « produits chimiques »

Même si j’adore crapahuter à droite à gauche, explorer des coins reculés etc … je reste malgré tout une parisienne attachée à un certain confort et je dois avouer que le coup des restrictions hygiéniques m’a fait un peu paniquer dire que même dans les refuges aux plus profonds des Alpes tu peux trouver plus de confort !

TOUTEFOIS !

Toutefois j’ai intériorisé et j’me suis pas dégonflée !

 

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Dès le lendemain j’ai laissé tomber ma trousse de maquillage, mon petit déjeuner sucré la soupe miso aux champignons le matin c’est quand même rude ! pour enfiler mes bottes de cul-terreuse et mon fut’ spécial crado ! Direct les mains dans la terre pour arracher les patates blanches japonaises, chaque matin promenade des chiens pendant trente minutes, préparer la bouffe pour les poulets 3h à couper du potimarron avec un couteau de boucher mal affuté, ça vous ruine les mains …, tous les après-midi déblayage des débris apportés par la grande inondation d’il y a deux mois et aide à la préparation des repas.

Au bout de ma vie …

Mais le paysage en vaut bien la peine ...

 

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La semaine prochaine, plus d’infos sur mes hôtes : des japonais pas comme les autres ! Des anecdotes sur un Japon quasiment inconnu : celui des fermiers refusant la civilisation et vivant à la dure !

En cas d’absence de publication Dimanche prochain, merci de prévenir ma Mère ou d’alarmer l’ambassade de France pour qu’on vienne me secourir ou ramasser mon corps épuisé …

GRAINE VA-T-ELLE SURVIVRE DEUX SEMAINES LA BAS ?!

En attendant, voici la vidéo sur mes dernières semaines à Tôkyô 

PVT Japon - Semaines 3, 4 et 5 à Tôkyô !

 

Merci de m'envoyez des encouragements ou des commentaires de soutient ...

Vais en avoir besoin ...