934

La grande question sur laquelle s’est terminée le journal de bord de la semaine précédente était la suivante : « Pourquoi ma Mère et Moi sommes-nous allez nous aventurer sur l’île de Kyûshû malgré les derniers tremblements de terre qui ont violement secoué cette zone du Japon ? ».

 

942

Dans un premier temps, il faut comprendre que ma Mère est à la fois chorégraphe et professeur de danse contemporaine et elle fait plein d’autres trucs funs mais on va d’abord s’concentrer sur ça ! Z’avez déjà à vous taper chaque semaine mon racontage de life alors si vous devez en plus avoir celui de toute ma famille, on va pas s’en sortir …. Cette fonction l’a amené à travailler avec de nombreuses personnes des milieux de la danse ou plus largement des arts du spectacle, venant du monde entier. Elle s’est donc fait tout un tas de contact à droite et à gauche.

Parmi ces contacts, une de ses amies américaines, chorégraphe de renommée internationale (Susane Buirge pour ceux qui connaissent le milieu), s’est mariée à un japonais puis s’est installée au Japon, sur l’île de Kyûshû. Du 1er au 5 Mai, cette dernière a mis en place un projet de recherche chorégraphique avec l’Institue Française de Fukuoka et, sachant que ma Mère séjournait au Japon à cette période, l’a invité à se joindre au projet.

 

961

Comme ce n’est pas tous les jours que l’on peut faire un stage chapeauté par une chorégraphe avec une telle expérience à l’autre bout du monde, ma mère a intégré dès Décembre dernier ce stage à notre séjour perso j’étais pas trop chaude au début mais ça lui tenait à cœur donc j’me suis démerdé pour l’caser dans l’road-trip. J’vous passe les galères sans nom que j’ai dû affronter pour organiser notre séjour dans l’trou paumé dans lequel les organisateurs ont décidé d’organiser les répétitions du projet. Disons simplement qu’à côté d’Iizuka, Perpette-sous-bois c’est folie toute la nuit

Ajoutons à cela que nous étions au beau milieu de la Golden Week, la semaine de repos nationale ! Déjà qu’habituellement la ville d’Iizuka n’a pas l’air super animée, là elle est carrément morte ! Les trois quarts des commerces fermés, un Papi assis sur son banc qui nous regarde avec des yeux ronds encore un qui n’a jamais vu d’Occidentaux, j’vais finir par croire que c’est généralisé sur toute l’ile de Kyushu ! Le seul hôtel à proximité du lieu du stage que j’avais réussi à trouver après de longues heures de recherches en Décembre lorsque j’effectuais mes réservations était un hôtel luxueux donnant sur le canal traversant la ville.

 

929

Bon, j’avoue : ça c’est le pied ! Le fait d’être en pleine campagne nous a permis de nous payer une Suite extra pour un prix identique à celui de l’hôtel de Kyôto ou par contre, on était dans une cage à lapin. Une vraie chambre de Princesses rien que pour nous deux ! Lits king-size, jacuzzi avec loupiottes de toutes les couleurs, toilettes high-tech, vue panoramique, bref’ une VRAIE SUITE.

.

Heureusement qu’on avait une chambre de badass avec l’ensemble du personnel à nos pieds statut de Premium obilge parce que le stage de danse nous a demandé pas mal d’efforts physique et mentaux !

 

935

Le projet de danse avait pour sujet le questionnement sur « le costume et l’habillement ». La chorégraphe Susane Buirge et la costumière Collette Huchard étaient les deux piliers menant et dirigeant ce projet de recherches chorégraphique s’étalant sur cinq jours avec, à la fin, une représentation public à Fukuoka.

La plupart des participantes du stage, étant des japonaises (au total, trois) au niveau d’anglais peu avancé, je m’suis faite embauchée comme traductrice dédié à ce projet Roh, comment ça va clignoter sur mon CV c’t’expérience professionnelle ! =D. Cependant, expliquer et traduire des concepts et des idées de danse contemporaine de l’anglais au Japonais ou du Français au Japonais est une vraie galère :

 

0d36558988499d9353c2ba5aab50d28e-d36sfo2

« Chloé, il faut que tu leur expliques que je crée des costumes de danse pour qu’il soient vus et non regardés »

« O.O »

« Expliques aussi qu’il faut qu’elles dansent en ressentant la matière, le poids du tissu, sa couleur pour que cela influence leur solo et nous donne à voir un nouveau résultat »

« Gné … ? »

Même si cela m’a demandé de me retourner l’esprit pour trouver de façon d’expliquer accessible aux Japonaises va expliquer le principe de « vacuité » tiens !, ce fut une très bonne expérience qui m’a permis de tater le boulot de traducteur ! De nouveaux mots, de nouvelles formulations de phrases (un peu plus polies que mon parler « entre potes ») et surtout un nouveau regard sur la danse !

 

965

Oui, c’est vrai : la danse contemporaine est une forme d’expression corporelle assez spéciale … les mauvaises langues diront même « complètement perchée » voix de ma Mère en fond sonore « Mais non c’est pas perchée ! C’est LIBRE ! »  C’est un style de danse ou l’expérimentation du corps, la recherche de mouvements différents et l’exploration de nouveaux chemins de danse sont les idées motrices de tout travail créatif. Les supports de travail change selon la volonté et les choix du chorégraphe : cela peut être centré sur la musique, sur un jeu de mouvements avec les lumières, en lien avec la scénographie et, dans le cas du stage de cette semaine : le costume.

 

967

Personnellement, je suis habituée depuis mes premiers balbutiement à ce style de danse j’en ai quand même fait pendant huit ans ! mais ce que l’on nomme « les ateliers de recherches chorégraphiques » sont très différents des simples « cours de danse ». Dans ces « ateliers », on recherche, on expérimente, on teste des idées inhabituelles afin de découvrir de nouvelles façons d’appréhender la Danse.

.

 

964

Par conséquent, j’ai vu des choses très étranges cette semaine : une japonaise sapée comme une roumaine, une autre comme un T-Rex en pyjama, ma mère avec des bas de contention sur la tête, un kimono porté comme une queue de poisson rouge etc … Mais à chaque nouveaux vêtements porté par les danseuses, le solo qu’elles avaient crée changeait de tonalité. Le poids du costume, sa couleur plus ou moins voyante, la forme qui entravait leurs mouvements, tous ces petits détails influençaient leur danse originelle et les transformaient en quelque chose de nouveau.

Ce fut extrêmement intéressant de participer et d’observer l’évolution de ce projet jusqu’à la représentation donnée à Fukuoka ! J’ai eu l’impression de retourner à l’époque de mes 8 ans lorsque je courais à droite et à gauche dans les coulisses des spectacles de danse organisés par ma mère. L’envers du décor, le « backstage » est quelque chose que j’adore !

 

946

Nous avons eu l'occasion de faire une sortie avec la team du projet pour aller visiter un endroit très spécial : un antique théâtre de Kabuki ! Principale source d'amusement au sein des anciennes villes de charbon du Japon de Meiji (début 20ème siècle, Iizuka était une de ses villes productrice de charbon), l'ile de Kyûshû conserve encore quelques joyeux de ce genre absolument sublimes ! Exploration de la scène, des coulisses, de la machinerie ENORME sous la scène, des estrades, places premium et terminer en saluant la divinité protectrice des Arts du Spectacle un genre de hibou chelou !

Le séjour de ma Mère au Japon s’est donc achevé en beauté avec le représentation finale à Fukuoka ! Il nous a ensuite fallu retourner jusqu’à Osaka pour nous rapprocher de l’aéroport ! Niveau rapprochement, on pouvait pas faire mieux : dernier hôtel juste en face de l’ile artificielle du Kansai Airpot au 50ème étage MA GUEULE ! ! Une vue sur la baie à couper le souffle ! Samedi matin, j’ai fait un gros câlin à ma Maman lui ai refourgué un sac rempli de mes affaires inutiles obligée d’acheter une place pour un nouveau sac en soute … et suis repartie vers le Kantô pour mon dernier mois d’aventures au Japon !

 

PVT Japon : Avril-Mai, Road-Trip Mère-Fille

 

La semaine prochaine si je parviens à faire un article ! : retour dans le Kanto ! Crochet par Ninomiya et nouveau Wwoofing à Ibaraki d’où le doute sur la possibilité de pondre mes articles 

.