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Mon séjour au Japon s’est terminé après trente-huit semaines de voyage, soit un peu plus de huit mois ! Certaines mauvaises langues diront que comme je n’ai pas effectué « une année complète » et donc que ce n’est pas un véritable Permis Vacances Travail sachez que j’élève mon majeur au nez de ces crétins qui, pour la plupart, ne connaissent même pas la signification du concept PvT et du mot « Voyager ». Il est donc temps de faire un BILAN FINAL et d'y résumer les différents points importants de mon PvT !

A la question « Mais pourquoi t’es partie plus tôt si c’était bien ? » voici ma réponse : le Japon, c’est extraordinaire. Une culture et des codes de vies totalement différents des nôtres ! Et à l’intérieur même du pays, une variété de traditions dans chaque nouvelle préfecture que l’on visite ! Voilà précisément pourquoi j’ai adoré le Japon : le voyage et les visites ! Bouger à travers l’ensemble du territoire, découvrir les différentes architectures, les spécialités culinaires des bleds paumés entre deux montagnes à charbon, discuter avec les natifs dans leur dialecte bizarre avec leur accent incompréhensible, BREF’ : crapahuter sans arrêt à gauche et à droite !

Vie quotidienne :

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Je me suis « posée » cinq mois à Kyôto afin d’expérimenter la « vie quotidienne au Japon » et renflouer mes caisses =.= mais avec le recul, cette période, bien que très amusante et parsemée de rencontres exceptionnelles, fut la moins « tripante » de mon séjour. Certains amis m’ont rétorqués que « Oui mais tu as choisis Kyôto ! C’est beau comme ville, mais y’a rien à faire ! ». Permettez-moi de m’élever de toute ma hauteur face à ce cliché totalement erroné !

Kyôto est une ville géniale ! En plus d’être le cœur culturel du Japon, elle regroupe plus de quarante universités prestigieuses brassant l’ensemble des étudiants de toute la région du Kantô ! Les jeunes, comme les touristes, étant un filon commercial, la ville a su se doter d’une zone « pour faire la fête » qui n’a rien à envier à Tôkyô ou Ôsaka perso, je trouve que le cadre et les ambiances sont bien plus « détendues » !. Le seul reproche que je ferai à la jeunesse Kyôtoïte c’est qu’elle est assez coincéemais qu’importe, en période touristique c’est l’feu au Ponto-cho !

 

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Je pense que ce qui m’a manqué durant cette période, c’est un « Grain de Folie ». Même si mes colocs ou mes amis japonais savaient s’amuser, j’ai toujours été frustrée par l’impossibilité de « Péter complètement les plombs/Avoir une crise de folie hystérique/Craquage complet » que j’ai immanquablement avec mes amis en France.

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Les Rencontres de Voyage sont toujours des moments merveilleux : mais ce sont de « courts-moments » avec des personnes que l’on ne reverra probablement jamais (ou vite fait). Ce n’est pas la même chose qu’un Groupe d’amis au quotidien ! Dans ce cas de figure, vous avez besoin de personnes capables de vous supporter dans tous vos états incluant les états dits "post-cuites", "folies disney", "retour en enfance", "vas-y-viens-on-va-faire-des-bêtises" etc ... qui n'ont jamais pu vraiment sortir au Graand Jour au Japon ... #frustration, de partager avec vous plus qu'une simple colocation, d'avoir les mêmes "délires" que vous, bref', un groupe de personnes sur la même longueur d'ondes. Et le problème au Japon, c'est que le "lâcher-prise" et la dévotion amicale sont des choses de difficiles à trouver ... 

Pour les fans de mangas, n'imaginez pas que les grandes tirades passionnées sur les "Nakama" (compagnons) dans One Piece ou Naruto sont de mises dans l'archipel. On peut TRES BIEN s'entendre avec les japonais et ils vous aiderons toujours lorsque vous vous retrouvez face à un problème ou du moins il feront semblant de vous aidez pour ceux qui n'oseront jamais vous dire qu'il n'en ont rien à foutre de vous ... mais mon sentiment personnel est de seulement d'avoir "gratter" la surface de mes "amitiés" japonaises.

 

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Les seules échappant à cette constatation sont les Aoki qui m'ont laissés pénétrer le cercle familial. Comme s'il fallait intégrer "le clan" pour que les Japonais parlent d'autres choses que de la pluie et du beau temps ou du fait que la nourriture est déliciiiiiiiiiiiieuse ~. Bien sur, mon statut "d'étrangère" joue contre moi dans les relations avec les natifs de l'archipel mais après neuf mois au Japon, je suis certaine d'une chose : le concept d'amitié est très différent de chez nous un pays ou l'on n'peux pas s'créper l'chignon avec ses potes de temps en temps ça manque quand même d'ambiance !

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Boulot :

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On m’a aussi rétorqué que dans mon expérimentation de la « vie quotidienne », je n’avais pas décroché de « réel travail ». Sachez que trouver un « vrai boulot » est impossible lorsque l’on souhaite pleinement vivre l’aventure PvT. Travailler en entreprise avec un contrat d’un an comme traductrice ? Bosser dans une agence de voyage 6 mois avec du 45h par semaine ? Enseigner à des gosses franco-jap toute la journée ? Et, pour chacun de ces boulots, voir mon salaire PONCTIONNER DE 20% ?!

Vous m’avez prise pour un pigeon ou quoi ?

Lorsque j’ai fait mes bagages pour le Japon, faire du chiffre et gagner un gros pactole n’a JAMAIS été dans mes objectifs ! C’est pourquoi j’ai enchainé les petits boulots et travaillé au black pour ne pas avoir à subir le ponctionnage de salaire ! Ce système m’a permis de vivre convenablement ma « vie quotidienne » avec des sorties chaque semaine (visites, bars, karaoke, virée d’une journée à droite et à gauche, etc …) et même de mettre un peu de côté pour la suite de mon voyage !

Note : pour ceux que ça intéresse, récapitulatif de mes jobs et salaires qui allait avec :

 

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Restaurant Français du Kawa Café : ¥1000 de l’heure mais ponction sur mon salaire, je ne suis resté qu’un mois et demi vu que ce job m’épuisais physiquement et moralement, que mon Patron était Bi-polaire et que ma paye finale n’était pas vraiment digne de mes efforts … Etre prévenue au dernier moment pour les plannings de boulot n’est pas non plus franchement agréable.

Baby-sitting : ¥1000 de l’heure, auprès de famille franco-jap (je tournais sur trois familles). Etant animatrice de Centre de Loisirs, le baby-sitting me frustre plus qu’autre chose comment ça « on est pas assez pour faire un épervier ? »

Prof particulier en anglais et français : entre ¥2000 et ¥4000 de l’heure, tout de suite, le salaire n’est pas le même hein ? Bon, je l’avoue : mes tarifs se décidaient à la tête du client ; on ne demande pas le même prix à un pauvre étudiant sans le l’sou, aux parents d’un gosse en école internationale ou à un quinqua pervers qui vient seulement pour vous reluquer …

 

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Guide particulier : ¥9000 la journée (de 9h à 17h), probablement mon job préféré dans l’ensemble de cette liste ! En plus d’être nourrie par les clients (déjeuner), ces derniers payent aussi vos visites et vos transports ! Il s’agit ensuite d’assurer au niveau des explications et de ne pas se perdre dans les transports ou les rues de la ville ! Ayant sillonné Kyôto de long en large avec ma bicyclette et forte de mes connaissances acquises en Licence et Master de spécialisation Japon, QUE DU BONHEUR durant mes journée de Guide !

Hormis le resto qui m’a vite pompé l’air, les trois autres jobs avaient l’avantage de me permettre de décider de MON EMPLOIS du temps (j’acceptais ou non les missions de Guide et de baby-sitting et programmais avec mes élèves les cours particuliers) et il n’y avait aucune ponction de salaire bon, ça rentrera pas dans ma retraite française mais on s’en fout …

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Road-Trip :

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Quatre mois à voyager à travers le Japon ! Deux mois au début de mon PvT et deux autres mois à la fin ! Adrénaline de l’aventure, excitation de l’inconnu, ascenseur émotionnel lors des imprévus, que d’émotions ! Ce n’est pas tout le monde qui apprécie ce mode de vie : changer d’hébergement toutes les deux semaines voir parfois tous les deux jours est fatiguant moralement. Il faut savoir être organisé dans ces déplacements ne pas oublier son chargeur de téléphone chez tes potes de Kyôto lorsque tu t’apprêtes à prendre le Shinkansen direction KitaKyûshû… et bien gérer son budget (encore plus que lorsque l’on est « posé » car en road-trip, les imprévues et galères peuvent parfois faire très mal au porte-monnaie !).

 

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Même si la partie "road-trip" fut ma période préférée, elle est impossible à poursuivre sur la durée : le fait de ne pas avoir de "coin à soi" ou l'on puisse se poser et se reposer est éprouvant pour le mental. Que vous séjourniez dans un hotel privé ou dans un dortoire, le sentiment de "nomadisme" ambiant à pour conséquence de vous "user". D'un point de vue personnel, je dirais que la durée idéale d'un road trip se fait par période de 6 semaines.

Pour ceux qui se disent « Ah ouais, c’est pas pour moi du coup. » je vous supplie, au moins, d’essayer ! Livré à soi-même on développe parfois des trésors d’ingéniosité et de courage que l’on ne soupçonne pas !

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La Langue :

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Débarquée en Septembre avec une licence en japonais relativement bancale MAIS ayant d’excellentes connaissances sur « les bases grammaticales » de la langue japonaise, je suis parvenue à hisser mon niveau de japonais en « conversation courante » au bout de seulement deux mois.

Le premier mois est surement le plus compliqué ! On a l’impression de ne rien comprendre, on met du temps à préparer ses phrases dans notre tête, on demande souvent de répéter ou de parler plus lentement. Mais EN Y METTANT DU SIEN et en fréquentant VRAIMENT des japonais (au quotidien, pas uniquement deux-trois soirées par semaine), il est possible de faire des progrès très rapidement !

La solution la plus rapide et la plus extrême étant de vous exiler dans une famille 100% japonaise au milieu de nulle part pendant deux semaines ! #wwoofing

 

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Pour la petite histoire : j’ai débuté mon PvT à Tôkyô et rencontré tout un tas de français avec qui j’ai sympathisé. Tous venaient d’arriver au Japon (à un mois près) et étaient très motivés pour apprendre le Japonais même si l’écrasante majorité n’avait aucune notion « de base » de la langue. Le Groupe 1 j’veux pas d’problème alors j’le nomme ainsi, composé de français vivants tous sous le même toit, s’est inscrit dès son arrivée dans une école de langue hors de prix, à raison de 3h de cours par jour. Le Groupe 2 a opté pour une collocation à majorité japonaise en se disant « on apprendra sur le tas ».

A mon retour à Tôkyô au bout de huit mois, j’ai été aux nouvelles de ces deux groupes et devinez lequel a obtenu les meilleurs résultats ?

Le Groupe 2 !

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Alors que le Groupe 1 s’ennuyait à mourir sur les bancs des écoles de langues japonaises et a fini par abandonner pour se concentrer uniquement sur la vie « internationale » de la Capitale Japonaise (leur anglais est certes, devenu bien meilleur qu’à l’origine), le Groupe 2 a quant à lui vu son japonais atteindre le niveau « conversation courante » ! Rappelons que le Groupe 2, au contraire du Groupe 1, vivait entouré de Japonais ! C’est pourquoi, grâce à l’écoute quotidienne et au besoin de communication nécessaire dans toute bonne colocation, le Groupe 2 a développé un très bon Japonais sans passer par la case « école de langue » !

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Avis personnel : pour avoir fait l’INALCO, avoir eu des professeurs de nationalité japonaise et avoir jeter un œil au cours de langues donnés au Japon (cours d’anglais), je tiens à signaler le fait que les Japonais, en grande majorité, ne SAVENT PAS enseigner les langues. N’attendez donc pas trop d’eux et éviter de les questionner sur des points techniques ou vous aurez droit à un « Parce que c’est ainsi ! » sec et sans appels …

Les rencontres :

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Voyager est avant tout une aventure « humaine » : des rencontres dans les trains, les Guest Houses, aux coins des rues ou aux comptoirs des bars, des éclats de rires autour d’un buffet de nourriture et de boissons à volonté ou encore sur le passage piéton !

Bien sur l’idéal est de parler la langue du pays (quelques japonais maîtrisent tout de même l’anglais) ! Cependant, s’il y a bien une chose qui m’a laissé sur le cul tout au long de mon voyage, c’est le nombre et la diversité des personnes venant du Monde entier que j’ai eu l’occasion de rencontrer !

 

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Le Japon étant un pays doté d’une ethnie très « homogène » il y a un « truc » qui se passe lorsque vous rencontrez un étranger : un regard, un sourire, un hochement de tête. Quelque chose qui fait que la conversation va être plus facile à engager, en particulier si vous êtes seul(e) !

Ne snober pas les Gaijins sous prétexte que vous êtes là pour rencontrer des japonais ! Vous louperiez des personnalités et des histoires merveilleuses !

 

 ¥ BUDEGET TOTAL DU SEJOUR ¥

 OuuUuuh, voilà la réponse final à la Grande Question que se posent tous ceux qui veulent partir au Japon : "COMBIEN CA COUTE" ? Comme dit précédemment dans mes autres rapports mensuels, ne prennez pas mon budget personnel comme référence ! J'ai organisé mon voyage de sorte à mêler différents modes d'hébergements (Share House, Guest House, Hôtel, Wwoofing, Couchsurfing, Squatt etc ...) aux prix TRES DIFFERENTS les uns des autres, j'ai toujours privilégier le budget "culturel" au budget "fête jusqu'au bout de la nuit" bon, c'est vrai, un petit peu moins lors de mon quotidien à Kyôto ..., truandée comme pas possible dans les transports hors-de-prix japonais vous aurez bientôt droit à mes techniques de crapule pour économiser sur votre bugdet "transport", ou encore préparé moi-même mes petits plats plutôt que d'aller acheter à manger au konbini des soba à ¥600 ? Tu m'as pris pour un jambon ? C'est l'prix du paquet de 1kg en supermarché !Pour plus de clarté, je joint à mon budget de dépenses, l'ensemble de mes revenus aquis lors de mon séjour dans l'archipel !

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Dépenses : 7500€

Revenus : 3000€

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Rappelons que lors de la demande d'optention du Visa PvT, on vous demande d'avoir sur votre compte en banque un minimum de 4500€ 3100€ si vous avez déjà acheté votre billet allez-retour. Il est donc possible de voyager de la même façon que moi ! prévoyez tout de même mille euros de plus en cas de galères ! =D Je suis assez fière de ce résultat qui s'équilibre relativement bien (surtout lorsque l'on a bosser seulement en "temps-partiels") ! Je ne me suis absolument pas privée de quoi que ce soit durant ces neuf mois ! J'ai vécu à fond cette aventure incroyable et je ne regrette ni le temps, ni l'argent investit dans ce voyage qui me tenait à coeur !

J’ai l’impression de me répéter mais, quoi que vous ayez pu lire sur ce blog ou sur les nombreux autres articles ou sites sur le Japon, si vous avez hésitez à partir je n’ai qu’une chose à dire : PARTEZ !

 

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