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Perdu au beau milieu de la Préfecture de Wakayama (Kansai), le Mont Koya est très prisé par les Japonais et, depuis quelques années, par les Occidentaux. Sa particularité réside dans le fait que, dans son seul petit village culminant à 800 mètres d’altitude, on trouve la plus grosse concentration de temples bouddhique ACTIFS du Japon : 117 établissements affiliés au courant bouddhiste de la secte Shingon. Parmi ces temples, 54 proposent ce que l’on nomme le « Shukubo » ou « hébergement au public ». Cette pratique autrefois réservée aux pèlerins à la dévotion sans limite s’est peu à peu démocratisé depuis que le Mont Koya est entré dans le cercle des lieux classés « Patrimoine Mondial de l’UNESCO » depuis 2004.

Avec les généreuses subventions perçues grâce à ce nouveau titre, les monastères du Mont Koya ont connu un nouveau souffle de vie : restaurations de nombreux établissements, modernisation des installations (transports, internet, eau, électricité) et surtout, une immense publicité attirant des personnes du Monde entier (le Guide Michelin Japonais lui a attribué trois étoiles) !

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Concept :

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Il faut savoir que les établissements bouddhiques proposant le « Shukubo » suivent tous le système suivant : location d’une chambre à la japonaise (environ 25mètres carré) incluant deux repas végétariens (le petit-dèj, servit à 7h30 ainsi que le diner à 17h30). N’espérez pas disposer d’une salle de bain privative : il vous faudra faire votre toilette dans les bains communs à la japonaise (qui, dans notre cas, étaient très bien entretenus !).

 

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En plus de séjourner dans un lieu insolite et d’être au beau milieu d’un village dédié au culte du bouddhisme, vous aurez l’occasion d’assister à la prière du matin si le cœur vous en dit (parvenir à se lever à 6h30 ¤.¤). D’après moi, c’est un moment à ne pas manquer : vous êtes conduit dans une salle magnifique spécialement réservée à ce type de prières. Entendre durant quarante-cinq minutes la litanie entêtante des moines est une expérience assez étonnante en particulier lorsqu’on est qu’à moitié réveillé !. La prière du matin est l’un des rares moments où vous pourrez croiser les moines de votre monastère.

Un large panel de personnes se rencontrent au Koya-san : ceux aspirant à une retraite spirituelle, d’autres voulant s’initier à la culture bouddhique, des mordus de rando’, des urluberlus se prenant pour des Ninjas #Américains chelous se baladant en kimono trop petits pour eux pendant deux jours …, etc …

Même si vous n’êtes pas spécialement branché « méditation », « atteinte de l’Eveil », « Principe des 25 plans de réincarnations », vous pouvez tout de même passer un séjour très agréable dans ce lieu grâce aux nombreuses visites et balades disponibles dans les environs.

 

Comment réserver ?

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Plusieurs établissements du Mont Koya peuvent être réservés sur les sites de réservation en ligne habituels (Booking.com etc …). Cependant, d’après mon enquête sur place, certains établissements semblent se spécialiser dans une clientèle occidentale tandis que d’autres visent plutôt les Japonais. Pour réserver certains temples, il faut ainsi se rendre directement sur le site officiel de ce dernier, 100% japonais, ou bien réserver via Rakuten (le Booking.com Jap’).

 

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Personnellement, j’ai effectué ma réservation avec l’aide de plusieurs personnes : une amie française m’a tout d’abord indiqué un monastère encore peu fréquenté par les occidentaux adresse qui lui avait été fourni par un de ses amis Jap’, je me suis ensuite renseigné sur le site dudit monastère (100% Jap’) et ai trouvé le numéro de téléphone pour faire la réservation.

Avec l’aide d’une de mes colocs Jap’ de l’époque, j’ai effectué ma réservation de deux nuits en Janvier 2016 pour Avril 2016 : chambre deux personnes, je suis parvenue à annuler le petit-déjeuner et à faire ainsi baisser le prix de 1000 yen par jour et par personne la soupe miso et le radis mariné à 7h30, ça m’faisait moyennement rêver …

Par curiosité, alors que la date de mon séjour se rapprochait, j’ai jeté un coup d’œil aux prix pratiqués sur Booking. Com. Au lieu des 17000 yen pour une nuit en chambre double, le site demandait 22000 yen ! Pensez donc à réserver à l’avance et si possible, direct par téléphone !

 

Comment y accéder ?

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Il faudra vous armer de patience avant de pouvoir poser vos valises et profiter de l’atmosphère mystique du Mont Koya ! Notez tout de suite que lors de ce trajet, votre JR Pass ne vous sera d’aucune utilité ! Vous emprunter en effet tout un tas de ligne de train non-comprise dans votre Pass (qu’il soit régional ou national !). Le plus rapide, le plus facile et le ‘moins’ couteux est de prendre son départ d’Osaka !

Vous avez deux possibilités de trains : Si vous êtes riche (compter ¥2000 en Avril 2016) la gare de Namba et son Limited Express Koya-san (environ 1h, 1h15) est le meilleur choix. Si par contre vous êtes un peu riqurak niveau budget, vous devrez empreinter l’Express Koya-san jusqu’à Hashimoto et effectuez un changement avec le train de la Nankai-Koya-san (environ 1h45, ¥1200 en Avril 2016).

 

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Comme le site est  très populaire auprès des étrangers, une armée d’employés de gare est à votre disposition pour vous indiquer l’itinéraire dans un anglais plus ou moins compréhensible z’étaient tellement habitué à leurs phrases apprises par cœur en anglais que j’avais beau leur causer en Jap’, y m’répondaient en anglais ...

Au bout d’un moment, vous devrez empreinter une cabine téléphérique pour grimper sur le Mont et finalement arriver devant un nouveau mur de Jap’ qui vous sauterons dessus en vous demandant « QUEL EST LE NOM DE L’ETABLISSEMENT OU VOUS SEJOURNEZ ?! Je vais vous indiquer le bus à prendre <3 ». On vous donnera alors le numéro de bus dans lequel monter et le numéro d’arrêt ou il faut descendre !

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Que visiter au Koya-san ?

Séjourner dans un monastère au sommet d’une montagne paumée dans la cambrousse japonaise n’est pas donné. Il vous faudra donc sélectionner vos visites car le temps vous manquera forcément ! A votre arrivée, on vous filera tout un tas de paperasse et flyers répertoriant les lieux intéressants du village.

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Je ne suis restée que deux petites journées, mon expérience « visites » est donc assez limitée. Cependant, je conseille vivement d’aller explorer l’immense cimetière bouddhiste ; l’Okuno-in. En plus d’une belle balade entre les pins millénaires, vous observez d’innombrables tombes et mausolées de différentes époques : antiques recouvertes de mousses, en ruines et brunies par le temps, modernes et financée par des entreprises (Panasonic), au design plus hindouistes que bouddhiste etc … N’oubliez pas d’y faire un tour à la nuit tombée : les lanternes bordant les longues allées du cimetière s’allument et forment un chemin comme illuminé par des sphères flottants dans la nuit.

 

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J’ai beaucoup aimé la visite du temple Kongobu-ji : à la tête de l’école Shingon, ce grand bâtiment à l’entrée un peu chère (¥1000) vaut vraiment le coût d’être visité ! En plus d’une petite collation servie dans une immense et magnifique pièce tapie de rouge, vous déambulerez dans de longs couloirs au portes peintes par des artistes japonais de renommé historique. Mais ne vous y trompez pas, le principal attrait de ce lieu est son immense jardin sec absolument somptueux !

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Critiques :

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Entendons-nous bien, je suis ravie d’avoir pu vivre cette expérience étonnante de séjourner dans un monastère et de vivre dans un lieu dédié au bouddhisme.

TOUTEFOIS !

Toutefois quelque chose m’a dérangé …

L’endroit brasse tellement de touristes que, dès le lendemain de mon arrivée, j’ai eu l’impression d’être dans une sorte de « Center Parc Bouddhiste » : on y enchaine les réservations, sans cesse des départ et arrivées par des bus extrêmement bruyants et polluants, les touristes sont dirigés vers des endroits spécifiques etc … C’est TRES organisé … surement TROP !

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Je ne suis pas du tout parvenue à ressentir une quelconque forme de « zénitude », uniquement le sentiment d’être dans un musée, une sorte d’attraction géante dans un décor bouddhiste. Malgré mon excellent niveau de japonais, on ne m’a pas laissé échanger plus de deux mots avec les moines (« bonjour », « excusez-moi »). Seul le « logeur » de notre monastère à prit le temps de papoter avec moi entre deux rangement de chambres et préparation de repas.

J’ai été particulièrement gêné par ce que l’on nomme les « bus à touristes ». C’est quelque chose que l’on voit très souvent à Paris avec les voyageurs asiatiques : un bus débarque avec une cinquantaine de touristes dans un lieu célèbre (genre la Tour Eiffel), leur laisse dix minutes pour photographier l’endroit sous toutes les coutures, redémarre vers un magasin à souvenirs dédié au monument, laisse dix minutes à ses passagers pour vider leur porte-monnaie, redémarre vers un autre lieu célèbre et ainsi de suite jusqu’à la fin de la journée …

Tu parles d’une façon de visiter …

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Conseils de survie

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-  Avant d’embarquer pour le Mont Koya, pensez à préparer un stock « bouffe de survie » dans la vallée : les magasins et restaurants sont rares et CHERS là-haut ! Il est probable qu’après votre repas végétarien à 17h30, vous ayez un gros petit creux aux alentours de 21h. Ne compter pas trouver un convinent store dans les alentours …

-  Voyagez léger … une valise de 23kg + un sac de cabine de 10kg vous amènerons à envisager le suicide

-  Faites-vous une « barbak-party » avant de venir ! Pas de viande du tout dans c’bled !

 

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